Il y a quelques heures encore, c’était mon anniversaire. Je regarde une dernière fois mon téléphone portable avant d’aller me coucher et toujours rien. Désespérément vide. Pas le plus petit message, pas le moindre appel que j’aurais éventuellement manqué en me promenant dans la maison. Pourtant, je n’ai rien fait de spécial, j’étais atteignable tout le jour.
C’est vrai que je suis une grande fille, qui n’a plus besoin d’être la reine du jour pour cette occasion. C’est peut-être aussi de ma faute : j’avais dit que je souhaitais une journée tranquille. J’ai souvent dit aussi que je n’attache pas une grande importance à cet événement. Mais ça, on dirait bien que ce n’est pas très vrai. Parce que ça me rend triste de voir que personne n’a pris le temps de m’écrire même juste un tout petit : « bonne journée ! »
Ce jour-là, d’habitude, j’aime bien voir à mon réveil qui est le lauréat du premier SMS reçu et surtout l’heure de son envoi. Il y a les petits malins qui ont programmé des messages automatisés qui partent à minuit et une minute. Il y a les lève-tôt à l’agenda fonctionnel. Et il y a les couche-tard organisés. Je sais dans quelle catégorie le gagnant de l’année se situe parce que je crois connaître un peu ma famille et mes amis. Enfin, ceux que je pensais être mes amis.
Ce matin, ça ne m’a pas trop étonnée parce que je me suis levée tôt, vraiment très tôt. A midi, je me suis dite qu’ils avaient tous eu une matinée de travail bien remplie. Mais, maintenant, à minuit passé… je n’ai plus d’idées d’excuses. Ils ne peuvent quand même pas tous, le même jour, s’être fait volé leur téléphone ou l’avoir fait tomber dans les toilettes, être malade avec une fièvre délirante, avoir passé la journée dans un fond de tunnel sans réseau, avoir leur batterie à plat et, en plus, avoir envoyé le message à un mauvais destinataire.
Bon, tant pis. Si moi, je ne reçois pas de message, hé bien, je vais en envoyer… et des corsés ! Je commence par mon grand oncle, parce que c’est un couche-tard susceptible et que c’est sûr qu’il va me répondre. Quelques chose d’assez soft : « Non-merci pour ton non-message d’anniversaire ! »
C’est quoi ça : « Opération non valide, vérifier les services de l’opérateur » ? Ah, la voilà, l’explication ! Et maintenant, j’ai une bonne raison d’être triste, absolument triste, désespérément triste. Parce que je crois quand même connaître un peu mes amis et que leurs messages ne sont jamais banals. Et parce que je n’ai pas vérifié l’état de mon crédit de conversation, plein de magnifiques mots se sont perdus dans le néant.